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Prix :  18 €

Présentation


Avec ce livre – Visages de l’émigration portugaise – l’auteur prétend donner la parole aux émigrés portugais et, grâce à cette démarche, ce sont eux qui trouvent la solution à leurs problèmes.
A travers une diversité de textes de fiction inspirés par son expérience dans le domaine social, Joaquim Tenreira Martins a écrit sur lui-même et sur le travail qu’il a réalisé pendant longtemps à l’Ambassade du Portugal à Bruxelles.
Il s’est passionné pour la vie des gens et on ne s’étonne pas que, parmi les 23 textes qu’il nous présente dans ce livre, on puisse ressentir la tendresse, la parole partagée, le regard accueillant, la poignée de main affectueuse, l’émotion émerveillée. Tel que dans les chansons de fado du Portugal, l’auteur a écrit ces pages en ton mineur, sans toutefois se laisser accabler par le désespoir des gens. Il veut donner à tous un rayon d’espoir, au moins dans ces textes.
 «  Mes visiteurs me racontent presque toujours des histoires tristes. Je ne peux nier que leurs récits m'affectent. Face à cela, l’écriture m’est d'un grand secours. Je me les approprie et je les termine à mon goût. Je me considère comme un sculpteur de visages que je remodèle pour leur donner une autre image, une autre vie.  J'ai aussi la tentation d'être un démiurge qui a le pouvoir d'organiser la vie des gens pour que la caisse de résonance d'où émanent leurs lamentations, puisse nous transmettre une autre mélodie, peut-être moins triste, peut-être plus douce que celle que j'entends chaque jour. » (Extrait du livre)
Soulignons aussi que ce livre a été enrichi par la préface de l’ancienne Secrétaire d’Etat à l’Emigration, Madame Maria Manuela Aguiar.

Joaquim Tenreira Martins, né au Portugal en 1945, titulaire du diplôme d'assistant social et des maîtrises en droit et en sciences politiques, a enseigné le portugais à l'ISCID - Dunkerque et a travaillé au service social et juridique de la section consulaire de l'Ambassade du Portugal à Bruxelles pendant de nombreuses années. Il est l'auteur d'un livre inspiré de son enfance: Viagens na minha infância - Lembranças romanescas (2008) et a collaboré à un ouvrage collectif sur un épisode de l'incursion des troupes de Napoléon au Portugal : Sabugal e as invasões francesas (2011).
Il écrit dans des journaux de sa région d’origine : Guarda.


Quelques extraits :
Vies en ton mineur


Manuel Francisco est mon confident depuis longtemps. Sans lui, je n’aurais peut-être jamais écrit ces pages de fiction sur mon expérience dans le domaine social. Tous les jours, le matin, il chatte avec moi à partir de mon courrier électronique Gmail.
– Mon vieux, comment vas-tu ?
Nous commençons avec des banalités et nous continuons en nous racontant des bêtises, ce qui nous détend et nous permet de prendre des forces avant d’entamer une nouvelle journée de travail. Chatter avec Manuel Francisco est aussi salutaire que les déjeuners du jeudi avec les collègues, au cours desquels nous nous épaulons les uns les autres autour d’un pot-au-feu à la portugaise ou d’un plat de morue à la mode de Braga, au restaurant O Cantinho da Cidade, à Bruxelles, près de la gare du Midi. Nous nous mettons au courant des dernières nouvelles et nous nous racontons quelques blagues, et hop ! les batteries sont rechargées et le courage nous revient pour affronter une semaine de plus. Grâce à quoi, chacun à sa manière, nous pouvons faire face au travail ardu qui est de répondre aux demandes des personnes qui se présentent au consulat depuis le matin jusqu’au milieu de l’après-midi.
Je veux me marier le douze décembre
Être jeune et enceinte en prison, quelque part au nord de l’Europe, loin de la patrie et des siens est peut-être le plus grand supplice pour une future mère. En prison, le temps ne passe pas. On doit inventer des rêves et des souhaits pour pouvoir survivre et ne pas être affaibli quand on sort, après quelques années passées dans une ambiance irréelle. C'est pourquoi je ne m’étonne pas d’entendre, au téléphone, la jolie voix d’une jeune femme souhaitant se marier en prison. Mais vouloir se marier le douze décembre de l’année 2012 et en plus à douze heures, c'est déjà faire preuve de beaucoup d’imagination et de beaucoup de créativité.
Elle m’avertit qu’elle n’avait pas encore parlé avec son amoureux. Il serait certainement d’accord et n’hésiterait pas à venir du Portugal, même s'il devait emprunter de l’argent, car « l’amour n’a pas de limites ».
En entendant ce désir légitime d’une jeune femme si décidée, j’eus du mal à trouver les mots adéquats pour la calmer. Je ne sais plus comment j’ai réussi à lui dire qu’il serait peut-être préférable que nous en parlions de vive voix, lors de ma prochaine visite.
Au parloir de la prison où je m’étais déplacé, j’expliquai timidement à la jeune femme que le mariage pouvait aussi être réalisé par procuration. Je lui citai les articles du Code civil, mais ne fournis pas d’explications complémentaires. Elle formula, de façon hésitante, quelques questions, car elle voulait savoir comment ils passeraient la nuit de noces si elle avait un « procureur ». Elle m'a assuré de ses bonnes résolutions.


Même pas avec le petit doigt


Ce matin-là comme d'habitude, je traversais le parc du Cinquantenaire d'un pas décidé, ma serviette bleu foncé à la main, avec des journaux et mon iPad. Je remarquai un couple d'âge mûr assis sur un banc, s'embrassant comme deux adolescents. Je leur souris de loin et l’homme me remercia d’un signe joyeux et avenant.
Le soleil matinal du mois d’avril aidait à épancher ses sentiments. Passant à côté d’eux, je ne pus m’empêcher de leur faire un clin d’œil. Et, à la manière portugaise, un peu osée et provocatrice, je leur lançai une phrase qui m’était venue à l’esprit : le printemps est déjà arrivé !
L’homme, qui me regardait approcher, éclata de rire et la femme tressaillit, surprise. Je m’aperçus qu’elle avait détourné la tête et je poursuivis ma route du même pas. Elle se disait peut-être que j’appartiens à une entreprise de détectives privés qui surveille le matin les infidélités conjugales.
Maintenant, j’observais la vigueur des marronniers d’Inde. Je notai que les feuilles, de plus en plus grandes et volumineuses, accentuaient le vert foncé qui, à ce moment, étincelait sous l’effet des premiers rayons du soleil. Sans m'en rendre compte, j’étais arrivé au rond-point Schuman, embouteillé et pollué. C’est seulement à partir de là que la partie rationnelle de mon cerveau recommença à fonctionner.


Je veux retourner aux Açores


Il venait de loin, d’Amérique du Nord ou peut-être d’Amérique du Sud. Il parlait une langue que je ne comprenais pas facilement. Je lui demandais toujours de répéter. Soit le verbe manquait, soit le complément, soit l’accent tonique n’était pas correct.
Il me montra sa carte d’identité. Il n’y avait pas de doute. Il était véritablement un citoyen portugais disposant d’une carte d’identité à puc contenant ses données biométriques. Formellement, tout concordait. Mais, mes réflexes de vieux renard m’amenaient à être sur mes gardes.
Des mèches de cheveux tombant jusqu’au milieu du cou, le teint un peu sombre, habillé trop légèrement pour le froid du mois de mars, montrant des tatouages décoratifs sur les avant-bras, cet Açorien devrait avoir vingt-cinq ans, après avoir fait un rapide calcul avec la carte d’identité en face de moi.
Il était sans bagages et m’affirmait venir du Pérou. Avec son accent étrange et difficile à identifier, il demandait à retourner aux Açores le plus rapidement possible. Je sentais que j’allais être coincé avec lui toute la matinée.

Je ne retourne plus à la prison

Je ne retourne plus à la prison. La prison me déprime ; la prison me brouille les idées. Je reviens de là tout confus. Les prisonniers me racontent les histoires les plus incroyables et je les crois toutes. Tous sont innocents. Personne n’a jamais commis aucun crime qui justifie qu’il s’y trouve. Je crois presque qu’il y a eu des erreurs de la justice ou des manquements dans les investigations de la police. J’ai la volonté d’être l’avocat de la défense de chacun d’eux. Cela ne m’intéresse pas qu’ils me disent la vérité. Quand ils ont été jugés, le tribunal a prononcé une vérité, mais s’agit-il bien de ce qui est arrivé ? Je ne suis pas là pour les juger et je n’ai même pas la curiosité de leur demander le motif pour lequel ils ont été accusés ou condamnés. J'ai l'impression que ce serait une espèce de viol, un voyeurisme morbide qui me fait horreur, car ce serait entrer dans la vie privée de chacun. Même enfermés dans une prison, qu’ils sentent au moins que j’ai pour eux le plus grand respect.
Je reconnais la fragilité de mes interlocuteurs quand ils sont face à moi, dans un minuscule parloir de la prison de Saint-Gilles ou de Forest. Quel respect ne faut-il pas avoir pour ceux qui vivent là, seuls, vêtus d’une salopette blanche qui les stigmatise et les écrase encore plus ! Quelle pression n’est pas exercée sur eux vingt-quatre heures par jour, dans une cellule exiguë, à franchir constamment des corridors et des portes qui s’ouvrent et se ferment, à devoir se justifier chaque fois qu’ils veulent se déplacer, même pour respirer un peu d’air, une ou deux fois par jour, dans les petites aires de détente.

Je me suis mariée avec un Pakistanais

Ce lundi matin d’un jour pluvieux d’hiver, avant même neuf heures, le téléphone sonna quelques instants, s’arrêta, et ensuite recommença. Je remarquai que le numéro affiché était toujours le même. Un peu paresseux ou peut-être ramolli par mon week-end reposant, j’hésitai à répondre, mais le devoir me fit passer outre mon horaire de travail et je décrochai quand même.
J’entendis une voix qui me paraissait venir de loin, un peu timide et déformée. Peut-être que la personne avait mis la main sur la bouche pour étouffer sa voix. La phrase qu’elle me dit était d’un débit rapide et angoissé.
– C’est le consulat ? Tirez-moi de là, car je me sens comme une esclave !
Elle put encore me dire qu’elle s’était mariée avec un Pakistanais et qu’elle voulait retourner au Portugal chez sa mère. Ensuite, la communication fut coupée.


Vous vous souvenez de moi ?

– Vous vous souvenez de moi ?
C'est la première phrase que m'a dite cette petite femme qui s'asseyait sur la chaise, face à moi, déposant son sac à main sur les papiers de mon bureau. Je l’ai reconnue à cause d’une petite tache noire sur la joue droite. Elle me rappelait ma grand-mère qui, selon mon père, est morte à cause de la mauvaise évolution d’un grain de beauté sur son visage et qu’aujourd’hui on pourrait appeler un mélanome.
J’avais les mains froides et je m’inclinai légèrement vers la source de chaleur – un radiateur situé à ma droite. L’hiver était arrivé tôt. J'avais besoin d’un réconfort pour démarrer la journée après la demi-heure de marche que je fais, tous les matins, de chez moi jusqu’au consulat.
– Oui, bien sûr ! – je répondis d’une manière presque automatique me frottant les mains pour mieux les réchauffer.
Que pourrais-je dire d’autre ? Cela détruirait le climat de confiance qui est la chose la plus importante dans une relation au sein d’un service social.


Je dois retourner au Congo


Un homme d’âge mûr, aux cheveux gris, me salue avec une certaine aisance quand je vais l’accueillir à la salle d’attente. Je le fais entrer dans mon bureau. Il s’assied, me regarde attentivement avec curiosité, et commence à me demander d’où je viens, si je suis ici depuis longtemps, que je dois certainement venir de Lisbonne parce qu’il lui semble que je n’ai aucun accent. Il me fait remarquer qu’il y a plusieurs mois que je ne suis pas allé au Portugal à cause de mon teint un peu pâle.
Il me semble que je l’avais déjà vu. Mais ma faible mémoire visuelle ne me pousse pas à faire de grands efforts ; ainsi je peux économiser de l’énergie pour me dédier à d’autres tâches.
Je note qu’il a des difficultés à démarrer. Il regarde par la fenêtre et fait des commentaires sur le temps.
– L’été n’arrive jamais ! Ce temps gris nous amène beaucoup de désagréments ! Je ne sais pas comment les Belges résistent ! Nous sommes au mois de mai et la chaleur du printemps aurait déjà dû arriver ! Nous avons eu peu de jours de soleil cette année. Vive notre Portugal ! Il n’y a rien de mieux que notre Portugal !



Sommaire

Préface
Vies en ton mineur
Je veux me marier le douze décembre
Tous les ans au printemps
Même pas avec le petit doigt
Grâce à l’Union européenne
Je veux retourner aux Açores
Le mari innocent !
Je ne retourne plus à la prison
La tétine de Daniel
J’ai emmené Kiki au restaurant
Je me suis mariée avec un Pakistanais
Ramiro, l’aventurier
Avec un thé à la menthe
Les bleus qu’il m’a faits
Je ne peux plus conduire mon camion !
J’ai pensé l’adopter
Je sais déjà que mon fils est mort
Il est parti avec une Brésilienne
Vous vous souvenez de moi ?
Je dois retourner au Congo
Ils m’ont invité à déjeuner
Le mendiant de Bruxelles
Je viens visiter mon cousin, le Roi des Belges

(176 pages)

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